Nouvel article
dimanche 9 novembre 2014
par jacques-emile

[Franc Bardou tient] à signaler "un article que je (il) trouve assez surprenant dans la portée de son contenu, en regard de la place assez discrète qu’il occupe ce mois-ci (novembre 2014) dans le Monde Diplomatique.

Il s’intitule L’Europe condamnée par l’Europe, page 8. Il est signé par Isabelle Schömann, chercheuse à l’European Trade Union Institute de Brixelles - ce quie n’est pas a priori très engageant. Et pourtant, en voici le résumé :

« Les politiques d’austérités se révèlent nuisibles socialement et ineptes économiquement ; elles s’avèrent également contraires aux valeurs mêmes des sociétés démocratiques. Plusieurs institutions internationales viennent de le rappeler, au premier rang desquelles le Conseil de l’Europe, qui veille au respect de droits fondamentaux sur le Vieux Continent depuis 1949. »

L’article démontre comment les politiques imposées par la sinistrement fameuse Troïka (quelle cynique ironie que le choix de la langue de la révolution d’octobre 1917 pour désigner cette horreur néolibérale !) donne lieu à d’inacceptables conflits d’intérêts, comment le Cominé Européen des Droits Sociaux et l’Organisation Internationale du Travail se doivent (et ne manquent pas) de condamner les politiques d’austérité comme non respectueuses des Droits Sociaux et de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Le contenu de telles information est potentiellement révolutionnaire, et nos amis Grecs n’en ont pas été dupes, d’après l’article.

Il est également indiqué que 590 juristes spécialisés en droit sociail et du travail, presque tous issus du milieu universitaire, ont signé un appel demandant à Bruxelles de respecter et de promouvoir les droits sociaux fondamentaux… Pour en savoir plus www.etui.org/fr

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Hélas, sur ce même journal, quelques erreurs peuvent être commises, des erreurs de réductionnisme hâtif. En France, où l’imbécilité dogmatique tient lieux d’argumentaire savant sur cette question, il ne faut pas trop s’en étonner, et cet excellent périodique ne fait sur ce sujet ni mieux ni pire que tous les autres périodiques se voulant d’information en français.

Je parle cette fois-ci d’un article intitulé Etats en miettes dans l’Europe des Régions, pages 16 et 17.

L’auteur, Paul Dirkx, enseignant-chercheur à l’Université de Lorraine, évoque les revendications écossaises, catalanes, basques, corses, occitanes, russophones d’Ukraine, (par exemple) comme un éclatement des états qui menacerait la solidarité citoyenne. Ce schéma de lecture, s’il n’est pas entièrement faux, nous semble navrant, tant il est réducteur.

Qui, à ATTAC du moins, croit à la supériorité d’un peuple sur un autre ? Qui, à ATTAC, croit à la vocation ontologique ou contignente d’un peuple (par exemple palestien) à être soumis à l’autorité d’un autre (par exemple hébeux) ? Au nom de quoi des Basques DEVRAIENT être soumis à l’autorité d’Espagnols et de Français. Les Français et les Espagnols ne sont en rien ni pour rien supérieurs ou inférieurs aux Basques. Ils sont égaux. Donc aucun de ses trois peuples, au nom de l’égalité ni de quoi que ce soit, ne peut légitimement prétendre à quelque autorité que ce soit ni sur l’un ni sur l’autre de ses deux voisins plus ou moins géographiquement éloignés.

Et bien au nom d’une prétendue solidarité, voilà que, sous la plume de M. Dirkx, le droit d’un peuple comme celui des Basques se voit confisquer la légitimité du droit à disposer de lui-même !

Non que nous négligions la nécessité objective d’une solidarité forte, assurée par la fiscalité juste et implacable (plus de fuite possible) dans l’espace social. Mais la solidarité n’a pas de finalité nationale et devrait être assurée par les structures supranationales telles que l’Europe scoiale et solidaire (et donc totalement utopique pour le moment), au lieu d’être confiée à d’anciens royaumes comme la France ou l’Espagne, se prenant pour des nations, alors qu’ils ne sont que des Etats (c’est à dire des outils politiques, et rien de plus ni de mieux). Si de tels outils ne permettent pas à un peuple d’assurer correctement et sereinement sa survie et sa paix sociale dans le respect de tous et de chacun (dans le respect de sa langue et de sa culture), ils doivent être ou réformés d’uragence à cette fin, ou bien remisés pour en prendre d’autres, en formant d’autres états, qui répondront enfin aux besoins des sociétés au lieu de les contraindre jusqu’à les exterminer, comme c’est le cas pour les Palestiniens (avec violence) ou les Occitans (sans violence), par exemple.

Or Paul Dirkx, en évacuant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, cherche à nous laisser croire que les revendications pourtant légitimes de chaque peuple (défini bien sûr par sa langue) ne serait en fait qu’une tentative de se soustraire à une solidarité qu’il jugerait très égoïstement gênante. Qu’un tel aspect soit présent dans la conscience de certains revenicateurs parmi ce peuple ne doit pas faire oublier que le principal motif de ces revendications n’est rien moins que le droit à l’existence et à la dignité offcielle et publique de chaque peuple, égal à tout et pour tout à tout autre.

Et ce ne sont pas les Palestiniens qui diront le contraire ! Ne nous trompons pas de combat…

Signalé par Franc Bardou


Relayé par Yann Fiévet : http://www.yanninfo.fr